Du 12 juin au 19 septembre 2021

Journées d’ouverture : samedi 12 et dimanche 13 juin 2021

Otobong Nkanga offre à voir des images qui révèlent une forte puissance d’évocation. Une grande diversité de supports et de matériaux donne forme à des œuvres inspirées de la terre, de ses ressources surexploitées et des récits qui en découlent.  Son art se situe au croisement de toutes ces histoires, de ces constructions du temps et des civilisations, unique par son univers esthétique et universel par son caractère anthropologique. Cette première exposition monographique en France se déploie comme un parcours faussement déstructuré permettant d’appréhender les méandres de cette œuvre.

Ce qui frappe en premier lieu quand on découvre l’œuvre d’Otobong Nkanga (née en 1974 au Nigeria) ce sont ses images qui, sous leur aspect lisse, font preuve d’une forte puissance d’évocation avec des représentations de corps, très souvent de femmes, déstructurés, aux membres disjoints néanmoins reliés entre eux par des cordes, des racines ou des branches.
Petit à petit, on découvre que ces liens ne sont pas uniquement des images plaquées, c’est aussi un réseau complexe de formes qui se font sans cesse écho au travers d’une grande diversité de supports : dessins, installations, peintures, textiles, photographies, sculptures, performances et même poésie. Plus on prête encore attention à son travail, plus se révèlent également des perforations, des empilements de strates ou des constellations dans lesquelles se mêlent des minerais, des épices, des végétaux, des tissus, des teintures, du bois, des métaux (parfois rouillés), voire des déchets marins.

La terre et ses ressources surexploitées sont pour l’artiste une source sans fin d’inspiration. Plutôt que dénoncer cette exploitation frénétique par des raccourcis trompeurs, Otobong Nkanga choisit de creuser, de mener un travail au long cours pour mettre au jour les formes et les histoires qui peuvent en découler, à la manière d’une enquête forensique. C’est justement au croisement de toutes ces histoires, de ces constructions du temps et des civilisations, que se situe l’œuvre d’Otobong Nkanga, unique par son univers esthétique et universelle par ses analyses anthropologiques, sur des rapports fragiles que notre humanité entretient avec son environnement.

Dans l’esprit du travail d’Otobong Nkanga, l’exposition, sa première institutionnelle en France, est conçue comme un parcours faussement déstructuré qui se déploie dans l’espace labyrinthique du centre d’art de la Villa Arson afin que le public puisse appréhender le mieux possible les méandres de son œuvre, notamment au travers de ses tapisseries qui ponctuent sa production artistique depuis une dizaine d’années.

Commissariat : Éric Mangion

otobong-nkanga.com

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L’exposition s’inscrit dans le cadre d’un projet de collaboration avec le centre d’art contemporain Castello di Rivoli (Italie) qui produit un ensemble de nouvelles œuvres pour une exposition qui se tiendra du 26 septembre au 8 janvier 2022.
Le Castello di Rivoli et la Villa Arson publieront un catalogue scientifique commun aux éditions Skira, avec de nouveaux essais et interviews des commissaires, des images des œuvres exposées dans les deux institutions et une riche anthologie de textes multidisciplinaires.

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Visuels
Diaoptasia, 2012. Performance. © Otobong Nkanga. Courtoisie l’artiste & galerie In Situ – fabienne leclerc, Grand Paris
Manifest of Strains (and) Double Plot, 2018. Textile tissé avec photographie ; tube néon, élément lévitant, verre, compresseur d’air, aluminium, acier enduit de poudre, barres chauffantes. Vue d’installation, Artes Mundi © Jamie Woodley Courtoisie l’artiste & galerie In Situ – fabienne leclerc, Grand Paris
Contained Measures of shifting States,  2012 © Otobong Nkanga. Courtoisie l’artiste & galerie In Situ – fabienne leclerc, Grand Paris
In pursuit of bling, 2014 © Otobong Nkanga. Courtoisie l’artiste & galerie In Situ – fabienne leclerc, Grand Paris
After We Are Gone, 2020. Textile tissé (coton, Techno, laine Cashmere, Trevira, Sidero, Polyester, Elirex, Mesh), © Otobong Nkanga. Courtoisie l’artiste & galerie In Situ – fabienne leclerc, Grand Paris
Anamnésis, 2015. Vue de l’exposition Otobong Nkanga : To Dig A Hole That Collapses Again, MCA Chicago Photo : Nathan Keay, © MCA Chicago. Courtoisie l’artiste & galerie In Situ – fabienne leclerc, Grand Paris