Du 17 octobre 2020 au 31 janvier 2021

Journées d’Ouverture-vernissage : samedi 17 et dimanche 18 octobre de 10h à 18h
Galeries du Patio et des Cyprès

SLAVS AND TATARS | Régions d’être

Depuis près d’une quinzaine d’années, le collectif d’artistes Slavs and Tatars fait preuve d’une compréhension affûtée des polémiques sociétales et a ouvert de nouvelles voies au discours contemporain au travers d’une forme de production du savoir très caractéristique : celle-ci inclut culture populaire, traditions spirituelles et ésotériques, histoires orales, mythes modernes, aussi bien que la recherche savante.
Dans leur œuvre, de longues périodes de recherche donnent vie à un écosystème d’installations, de sculptures, de conférences et d’éditions qui remettent en cause notre compréhension du langage, des rituels et de l’identité.
En plus d’une robuste pratique du discours, son travail incarne une approche affective, sensuelle et phénoménologique, une approche qui imprime une compréhension régionale du savoir par-dessus des organes souvent oubliés. Slavs and Tatars s’adresse, au-delà du cerveau, à la bouche, à la gorge, à l’estomac, aux organes sexuels, pour gérer ce que le collectif nomme des « fractures métaphysiques ». Autrement dit, il s’agit de réunir des éléments disparates, par exemple l’érudition et l’idiotie, l’humour et la religiosité, etc. dans un effort de remise en cause de l’héritage rationnel et analytique du siècle des Lumières.

Régions d’être est un jeu de mots avec le terme raison d’être : la raison d’être de Slavs and Tatars est en réalité régionale, c’est un appel à regarder ailleurs, au-delà des centres de pouvoir, d’autorité ou de savoir, vers les marges des idéologies, les frontières des systèmes de croyance. Autrement dit, le titre invite à adopter d’autres régions et d’autres endroits comme étant les nôtres.
Comme le dit le célèbre proverbe : « d’autres cieux racontent d’autres histoires ».

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Le travail  de Slavs and Tatars, actif depuis 2006, se concentre sur la zone située entre l’ancien mur de Berlin et la Grande Muraille de Chine, autrement dit la grande région intercontinentale que l’on appelle la steppe eurasienne. Ce territoire est caractérisé par une fusion surprenante d’identités, de traditions et de signes les plus divers. Les migrations vers l’Europe en provenance de pays du Moyen-Orient déchirés par les guerres constituent aujourd’hui une toile de fond pour leurs travaux. Mais l’aspect le plus singulier de leurs œuvres repose sur les vastes contextes historiques et culturels ouverts par le chevauchement de l’Asie et de l’Europe sur ces territoires.

Créé par une Polonaise – Kasia – et un Iranien – Payam -, ce collectif s’inspire largement de la tradition historique de l’hybridation culturelle. Ceci se traduit par l’assimilation sélective de mots, d’objets du quotidien, de comportements et de symboles, notamment pour ouvrir de nouvelles voies pour la production de discours et de connaissances contemporains.

Pour leur première exposition monographique en France Slavs and Tatars propose une traversée de leur pratique artistique (avec des pièces des huit cycles de leur travail : du syncrétisme dans l’Islam d’Asie centrale à la littérature médiévale éclairée et au rôle des alphabets dans la construction d’empires), complétée par de nouvelles productions.

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Slavs and Tatars
 est un collectif d’artistes de renom international. Sa pratique repose sur trois activités : des expositions, publications et conférences-performées.
Leur travail a fait l’objet d’expositions individuelles au MoMA, NY (2012) ; à Salt, Istanbul (2017) ; au Kunsthalle Zurich (2014) ; au Vienna Secession (2012) et au Ujazdowski Centre for Contemporary Art, Varsovie (2016), parmi d’autres.
Leur travail a aussi été présenté dans de nombreuses expositions collectives, à la Tate Modern (2011), et lors de la 58ème Biennale de Venise, 10ème biennale de Sharjah, de la 8ème biennale de Berlin et de la 9ème biennale de Gwangju.
Slavs and Tatars ont publié plus d’une dizaine de livres, y compris une traduction de l’hebdomadaire azéri satirique « Molla Nasreddin » (deuxième tirage chez I.B. Tauris) et dernièrement « Wripped Scripped” sur la politique des alphabets eurasiens (chez Hatje Cantz). Une première monographie, « Mouth to Mouth », portant sur leur travail a été publiée par König Books.
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Slavs and Tatars est représenté par Tanya Bonakdar Gallery (NYC), Kraupa-Tuskany Zeidler (Berlin), Raster Gallery (Warsaw) et The Third Line (Dubai).

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Un programme de médiation culturelle, comme partie prenante du projet artistique, reçoit le soutien de la Fondation Izolyatsia, une plate-forme autoproclamée pour les initiatives culturelles et la culture contemporaine occupant un vieux chantier naval dans le nord de Kiev (Ukraine). + d’infos

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Cette exposition fait partie des 86 projets labellisés « Les Parallèles du Sud », dans le cadre de MANIFESTA 13 qui se déroulera à Marseille du 28 août au 29 novembre 2020.
Dans le cadre de cette biennale, un week-end « focus » sur les expositions labellisées dans les Alpes-Maritimes aura lieu le samedi 17 et le dimanche 18 octobre.
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Galerie d’images :
– Kitab Kebab (Merton to Mazda), 2012, Libres et brochettes métalliques, 30 × 22 × 58 cm.
– PrayWay, 2012, tapis en soie et laine, MDF, métal et néons, 50 × 390 × 280 cm. Vue de l’installation au New Museum, New York. Photo Patrick McMullan
– Nations (Le fric, c’est pas si chic, dit le Tajik), 2012, peinture acrylique fluorescente sur miroir inversé, cadre en bois, 160 × 110 cm.
– Reverse Joy (Kha), 2012, pompe à fontaine, pigment, eau, bol en métal, peinture acrylique, carreaux de céramique, MDF, 80 × 240 × 240 cm. Vue de l’installation “Mouth to Mouth” at SALT Galata, Istanbul, 2017. Photo Mustafa Hazneci
– The Tranny Tease (pour Marcel), 2009-2016, plastique formé sous vide, peinture acrylique, 64 × 91 cm (chacun). Vue de l’installation lors de l’exposition de la 58e biennale internationale d’art de Venise, 2019.