Présentation du centre d'art Imprimer

Galerie des Cyprès

 

photo : Sara Moreira

A partir de l'automne 2012, la programmation du centre d'art de la Villa Arson prend une nouvelle orientation.


En lien avec l'école, ses axes sont désormais concentrés sur des pratiques d'enseignement, de transmission et de recherche. Les expositions seront donc issues de projets menés en interne par les enseignants et les artistes inscrits dans le département recherche de la Villa Arson, soit menées avec des structures extérieures, nationales ou internationales (écoles d'art, centres d'art, réseaux associatifs...) afin de multiplier les échanges avec d'autres partenaires. Il s'agit aussi de s'appuyer sur l'invitation faite à des artistes à penser et à réaliser sur place des œuvres ou des expositions en étroite collaboration avec les étudiants de l'établissement. Enfin, des invitations seront également lancées à des chercheurs désireux de mener à bien des expériences pédagogiques originales. Profitant de son statut d'école liée à un centre d'art, des résidences d'artistes et une médiathèque, la Villa Arson souhaite mettre en valeur les relations entre enseignement, création, exposition et transmission.

Ce programme débute le 24 novembre 2012, suite à un dialogue sous forme de work-shop réalisé au mois de juillet, puis début novembre, entre la Villa Arson et le Royal College. Ce projet intitulé Heart of Darkness (inspiré du livre éponyme de Joseph Conrad) réuni huit artistes, dont quatre issus de chaque établissement. Il est piloté par Julien Bouillon et Richard Wentworth, tous deux respectivement enseignants et artistes dans chaque établissement.

 

Parallèlement à ce programme d'expositions, le centre d'art propose de créer au premier semestre 2013 une plateforme de partage web afin de donner une visibilité aux projets de recherche menés par l'établissement. Il s'agit de mettre en ligne des matériaux visuels (texte, photographie ou vidéo) et sonores produits en interne ou issues de sources extérieures en lien avec les projets de recherche menés par la Villa Arson.

Telle une revue en ligne, l'ensemble de ces matériaux est amené à être identifié au sein d'une ligne éditoriale avec des rubriques introduites par des textes de présentation. Les responsables des groupes de travail et leurs étudiants seront éditeurs et donc responsables de leur chapitre. L'aménagement des informations est prévue pour être adaptée de manière dynamique à chaque contenu afin de mener un questionnement à part entière sur les formes à donner à l’information sur le web. Ce processus de travail devra être mené conjointement entre les éditeurs de contenus et le support technique dans un esprit de renouvellement constant. Chaque corpus pourra dès lors faire l’objet d’un design interactif personnalisé, d’une réflexion sur l’ergonomie de navigation en adéquation avec son propos. Concepteurs et éditeurs de contenus ne seront donc pas assujettis à une interface prédéterminée. La coordination de ce projet sera confiée à Cédric Moris Kelly, chargé de recherches documentaires à la Villa Arson. Il travaillera en étroite collaboration avec les groupes de recherche sous la responsabilité de Jean-Pierre Simon, directeur de l'établissement.

 

Enfin, le centre d'art souhaite mener à partir d'octobre 2013 un programme de recherche sur la disparition perçue comme un geste artistique au sens réel et actif du terme, qu'il s'agisse d'effacement, de recouvrement, de destruction, de vol, de vandalisme, voire de disparation pure et simple de l'artiste. Prenant appui sur le fameux tableau de Robert Rauschenberg, Erased De Kooning, 1953, il s'agit d'analyser comment la disparition accompagne de manière théorique et formelle la création de notre temps.

Dans cette perspective le centre d'art propose de créer un groupe de travail composé d'étudiants afin de mener pendant une année une enquête auprès de tous les artistes, enseignants, intervenants, sur place ou de passage à la Villa Arson pour remonter la filière de tous ces « objets » disparus ou en cours de disparition. Dès ces prémices, cette enquête sera rendue visible par une série d'informations diffusées en ligne de manière hebdomadaire tel un compte-rendu régulier des découvertes qui la nourrissent. Partant du principe que la disparition est un sujet d'exposition impossible à monter, l'objectif est de tenter de contourner cet obstacle en inventant d'autres formes de visibilité. Le centre d'art poursuit ainsi ses préoccupations sur le paradoxe d'exposer l'inexposable tout en développant des méthodes collaboratives en lien avec les étudiants et la nature plurielle de l'établissement. Le titre donné à ce projet sera In Search of the Vanishing, en référence au nom (In Search of the Miraculous) que l'artiste Bas Jan Ader a donné à l'expédition maritime de laquelle il n'est jamais revenu. Un rapport de la justice a été produit sur les circonstances de cette disparition. Ce rapport de justice est aujourd'hui la publication officielle de ce geste artistique.